L’Essor : Que représente pour
le Mali le zéro tarif douanier accordé par la Chine ?
Yacouba Yassa Diarra :
C’est une mesure importante qui permet aux produits maliens d’entrer sur le
marché chinois sans droits de douane et donc d’être plus compétitifs. Mais le
tarif zéro ne suffit pas. Nos produits doivent répondre aux exigences du
marché, notamment en matière de qualité, de traçabilité, d’hygiène et de normes
phytosanitaires. Par exemple, pour l’huile de karité, les acheteurs peuvent
demander des informations sur le taux d’acidité et des documents attestant de
sa conformité sanitaire.
L’Essor : Quels sont les
principaux produits maliens exportés vers la Chine ?
Yacouba Yassa Diarra :
Il s’agit notamment du lithium, du sésame, du coton, de l’anacarde, du beurre
de karité, du cuir et des peaux. Les exportations maliennes vers la Chine ont
progressé de 235% en 2025 par rapport à 2024, notamment grâce au spodumène de
lithium. Nous devons désormais aller davantage vers la transformation afin
d’accroître la valeur ajoutée et les emplois.
L’Essor : Quels produits présentent le plus
de potentiel sur ce marché ?
Yacouba Yassa Diarra :
Le sésame, le karité et ses dérivés, la gomme arabique, la mangue, le soja, les
cuirs et peaux ainsi que le lithium. En termes de volume, le sésame est
actuellement le produit malien le plus prisé. Mais le lithium représente une
valeur beaucoup plus importante. En 2025, les exportations de lithium vers la
Chine ont atteint 284,272 milliards de Fcfa, pour un poids de 338.773 tonnes.
L’Essor : Concrètement,
qu’est-ce que le zéro tarif change pour les exportateurs ?
Yacouba Yassa Diarra : Il réduit le coût d’entrée sur le marché chinois et permet
aux entreprises de proposer des prix plus compétitifs, d’améliorer leurs marges
ou d’investir davantage dans la qualité, le conditionnement et la
commercialisation. Mais il faut retenir une chose : zéro tarif ne signifie
pas zéro exigence. Les règles d’origine, les normes de qualité et les exigences
sanitaires et phytosanitaires restent applicables.
L’Essor : Quelles sont
les principales difficultés à surmonter ?
Yacouba Yassa Diarra : Elles concernent principalement la certification, la
traçabilité, le conditionnement, la régularité des volumes, la qualité et le
coût de la logistique. Nous devons également mieux connaître le marché chinois
et multiplier les contacts entre entreprises maliennes et acheteurs. Le
déplacement à Dakar du consulat de Chine chargé de délivrer les visas constitue
aussi une difficulté pour les opérateurs qui souhaitent se rendre en Chine.
L’Essor : La mangue peut-elle
profiter de cette ouverture ?
Yacouba Yassa Diarra : Oui, mais pas immédiatement sous sa forme fraîche. La
filière doit d’abord répondre aux exigences phytosanitaires chinoises et
résoudre les questions liées au traitement, à la conservation et à la chaîne du
froid. La mangue séchée constitue déjà une possibilité. Le défi porte donc sur
toute la chaîne, de la production à la commercialisation.
L’Essor : Les opérateurs
maliens sont-ils suffisamment informés ?
Yacouba Yassa Diarra : Il reste un important travail de sensibilisation à faire,
notamment auprès des PME et des nouveaux exportateurs. Ils doivent connaître
les produits concernés, les règles d’origine, les documents nécessaires et les
procédures d’accès au marché chinois.
L’Essor : Quel est le
rôle de l’Apex-Mali dans cette dynamique ?
Yacouba Yassa Diarra : L’Apex-Mali est notamment habilitée à établir les
certificats d’origine des produits exportés vers la Chine. Nous travaillons
aussi à l’information des opérateurs, à l’identification des produits à fort
potentiel, à leur promotion et à la mise en relation avec des acheteurs
étrangers. La participation du Mali à l’Exposition internationale d’importation
de Chine constitue également un important outil de prospection.
L’Essor : Peut-on espérer
une forte progression des exportations maliennes vers la Chine d’ici
2028 ?
Yacouba Yassa Diarra : Les perspectives sont encourageantes, mais nous devons rester réalistes. Le véritable enjeu est de transformer cette préférence tarifaire en performances commerciales. Il faut produire davantage, améliorer la qualité, transformer davantage et répondre durablement aux exigences du marché chinois. C’est à cette condition que le zéro tarif pourra contribuer à accroître les exportations et la création d’emplois au Mali.
Siguéta Salimata DEMBÉLÉ
Le don de sang est un geste simple, mais vital. C’est le message porté par la section de la Confédération démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), à l’occasion d’une journée de don de sang, organisée hier dans les locaux du Cen.
Ce nouveau service permet aux clients d’obtenir jusqu’à 5.000 Fcfa pour recharger leur compteur prépayé en cas de manque de liquidité.
La banque a remis 20,5 millions de Fcfa de vivres à la Direction du service social des armées au profit des veuves et des orphelins.
Dans la perspective de la nouvelle saison qui démarre ce week-end, le Comité exécutif de la Fédération malienne de football (Femafoot), en collaboration avec l’Association de médecine du sport (AMAMES) a organisé hier une session de formation pour les staffs médicaux des Ligues régionales.
Les habitants des Logements sociaux de N’Tabacoro, dans la Commune de Kalaban Coro, disposent désormais d’un Centre de santé communautaire (Cscom). L’infrastructure a été inaugurée, hier, par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de brigad.
Le match-vedette de la journée inaugurale mettra aux prises l’AS Réal et le Stade malien de Bamako, dimanche au stade Mamadou Konaté. 24h plus tard, le champion sortant, le Djoliba fera son entrée en lice contre le FC Diarra.