Le ministre Imirane Abdoulaye Touré
Construire
davantage, mais surtout construire mieux. C’est tout l’enjeu placé au cœur
d’Octobre urbain 2026 au Mali, à quelques jours de la Journée mondiale de
l’habitat, prévue lundi 5 octobre. Dans son message, vendredi, le ministre de
l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de
la Population, Imirane Abdoulaye Touré, a mis en avant l’urgence de garantir un
logement convenable dans des villes confrontées à une croissance rapide.
Initié par
ONU-Habitat, Octobre urbain est consacré chaque année à la réflexion sur
l’avenir des villes et les conditions de vie de leurs habitants. Le thème de la
Journée mondiale de l’habitat, « Un logement convenable pour tous », sera
prolongé par celui de la Journée mondiale des villes, célébrée le 31
octobre : «Régénérer la ville : un logement convenable pour tous ».
Pour le
ministre Touré, un logement convenable ne se limite pas à quatre murs. Il doit
être sûr, abordable, raccordé aux services essentiels et implanté dans un
environnement digne. « La construction de nouveaux logements ne suffit pas »,
a-t-il souligné. Elle doit aller de pair avec la rénovation des quartiers
existants, l’amélioration de l’assainissement, l’accès à l’eau et le
développement des équipements de proximité.
Le constat
est préoccupant. Dans les villes maliennes, l’augmentation de la population et
l’extension urbaine accentuent la pression sur le foncier et le logement. Faute
d’une offre suffisante, certains ménages construisent en dehors des normes,
parfois dans des zones exposées aux risques. Les effondrements et les
inondations illustrent les conséquences parfois dramatiques de cette
urbanisation mal maîtrisée.
Face à
cette situation, le gouvernement mise notamment sur les programmes de logements
sociaux. Depuis 2002, ceux-ci totalisent 19.312 logements, dont 16.009 à Bamako
et Kati et 3.303 dans les régions. Le partenariat avec le secteur privé a
également permis, selon les données communiquées par le ministre, la réception
de 8.928 logements, tandis que 5.001 autres sont en cours de construction.
Mais
l’enjeu dépasse la seule production de logements. La maîtrise de l’expansion
urbaine passe aussi par une meilleure planification. Les Schémas directeurs
d’urbanisme de Ménaka, Koutiala, Kéniéba, Bougouni et Dioïla sont ainsi en
cours de révision pour mieux accompagner le développement de ces villes.
À Bamako
et dans son agglomération, le Projet de résilience urbaine, financé par la
Banque mondiale, constitue un autre levier. Au 30 juin 2026, 42,1 % des
activités prévues étaient achevées et 34,1 % en cours. Les interventions
concernent notamment la gestion des déchets, l’accès à l’eau et
l’assainissement. Octobre urbain sera également l’occasion de mettre en lumière
des solutions concrètes. Au programme, figurent la remise de matériels
d’assainissement à la Direction des services urbains de voirie et
d’assainissement (DSUVA) du District de Bamako, une conférence-débat, des
stands d’exposition, ainsi que le lancement d’un projet sur les déplacements
forcés à Sikasso et Ségou. Des visites d’une unité de production de matériaux
locaux et d’un chantier de promotion immobilière sont également prévues.
Le ministre appelle à une mobilisation de
l’ensemble des acteurs. Les collectivités territoriales sont invitées à
renforcer la planification et la gestion de leurs territoires, les promoteurs à
proposer des logements accessibles et de qualité, et les universités et centres
de recherche à développer des solutions adaptées au climat et aux ressources du
pays. Les citoyens, pour leur part, sont appelés à respecter les règles
d’urbanisme et les espaces réservés à la sécurité collective. L’enjeu,
désormais, est de faire de la croissance des villes une opportunité plutôt
qu’un facteur de vulnérabilité. Au Mali, le logement convenable se joue donc
autant dans le nombre de maisons construites que dans la qualité des quartiers
où elles prennent place.
Amadou GUEGUERE
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