UNE VILLE NATURELLEMENT VERDOYANTE
Bamako
pourrait être l’une des plus belles capitales de la sous-région sur le plan
environnemental. En parcourant la ville, on constate la présence importante
d’arbres, de fleurs et d’espaces végétalisés.
La forêt
classée des collines de Koulouba, qui surplombe la capitale, contribue
largement à son couvert végétal. Le Parc national du Mali et le Zoo de Bamako
constituent également des espaces importants pour la préservation de la
biodiversité et du patrimoine naturel de la capitale. Les principales artères
de la capitale sont, par endroits, bordées d’arbres et de fleurs. Les campagnes
nationales de reboisement, organisées chaque année, constituent également un
véritable acquis et montrent que la culture de l’arbre est bien ancrée au Mali.
DES
ACTEURS DE L’EMBELLISSEMENT ENCORE TROP PEU VALORISéS
À Bamako,
les vendeurs de plantes, de fleurs et de pots contribuent également à
l’embellissement de la capitale. Progressivement, certains d’entre eux se
transforment en véritables paysagistes urbains. Ils participent à la création
de petits jardins, à l’aménagement de ronds-points, de monuments, d’échangeurs
et de bordures de routes. Leur activité, souvent informelle, joue pourtant un
rôle visible dans la transformation du paysage urbain. Ces initiatives montrent
qu’il existe au Mali un véritable savoir-faire autour de la végétalisation des
espaces urbains. Mais cette richesse végétale ne suffit pas à faire de Bamako
une ville durable.
UNE VILLE
VERTE CONFRONTEE à L’INSALUBRITé
Mais ce
tableau est fortement dégradé par l’accumulation des déchets et l’occupation
anarchique de certains espaces publics.
Dans
plusieurs quartiers, les routes sont jonchées de détritus, notamment de sachets
d’eau et d’emballages plastiques. La croissance démographique, l’urbanisation
rapide, l’exode rural et l’augmentation de la consommation accentuent cette
pression sur la voirie et l’environnement. À cela, s’ajoute l’insuffisance des
infrastructures d’assainissement et de gestion des déchets. Bamako possède donc
un potentiel important pour devenir une ville durable, mais elle doit encore
relever le défi de la propreté et de l’entretien de ses espaces publics.
FAIRE DE
LA SALUBRITÉ UNE CULTURE NATIONALE
Une
véritable campagne de sensibilisation doit etre mise en place au niveau
nationale. Une journée nationale de salubrité comme celle du reboisement qui
est un véritable acquis aujourd’hui. Il faut pousser les maliens à adopter les
bonnes mesures de pratiques de la salubrité. L’installation des poubelles
partout dans le centre-ville serait une grande avancée. La campagne doit
impliquer tous les acteurs: gouvernement, ministère, membres du CNT, société
civile, medias et populations.
LA BRIGADE VERTE COMME LE SERVICE MILITAIRE
Une
Brigade Verte, ouverte notamment aux jeunes, serait très efficace. Elle
fonctionnerait autour d’actions de sensibilisation, de nettoyage, de
reboisement et de protection de l’environnement dans les quartiers.
L’engagement
serait volontaire, mais reconnu. Après trois mois d’activités, le jeune
pourrait recevoir une attestation et, selon les conditions prévues, une
recommandation officielle de la mairie ou des services compétents. Cette
expérience permettrait de valoriser son CV avec des compétences telles que le
travail en équipe, la communication de proximité, la gestion d’activités de
terrain et la responsabilité citoyenne. Le gouvernement pendant ses
recrutements exigerait une telle recommandation officielle.
L’IMPLICATION DES ENTREPRISES
Les
entreprises pourraient jouer un rôle prépondérant dans la réussite de la
Brigade Verte. Elles accorderaient ainsi une attention particulière à ces
profils de jeunes lors des demandes de stage et même leurs recrutements, en
considérant l’engagement au sein de la Brigade Verte comme une expérience
utilement citoyenne.
La Brigade
Verte ne serait donc pas seulement un moyen de rendre Bamako plus propre. Elle
pourrait également devenir un véritable tremplin vers l’emploi pour les jeunes,
en transformant leur engagement citoyen en expérience professionnelle reconnue.
La
propreté d’une ville ne dépend pas seulement de ses autorités, mais aussi du
civisme et de l’engagement de chaque citoyen. Une ville durable ne se construit
pas seulement avec du béton. Elle se construit aussi avec des arbres, des
espaces propres et des citoyens responsables.
Souleymane SIDIBÉ Activiste du développement durable
Rédaction Lessor
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